Depuis le 1er mars 2026, Google a changé la façon dont il calcule et dépense votre budget mensuel. La notification a été envoyée par email. Elle a été lue par peu d’annonceurs, comprise par encore moins. Résultat : des comptes avec un Ad Scheduling actif (planification horaire) voient leur budget se comprimer sur leurs heures de diffusion, et paient plus cher par clic sans l’avoir décidé.
Sur les comptes que j’ai audités depuis mars, c’est l’une des premières anomalies que je cherche : une dépense journalière irrégulière sur des campagnes dont le budget n’a pas bougé. L’interface Google Ads ne l’indique pas clairement. Il faut aller chercher les données.
Ex-comptable trésorier BTP pendant 10 ans, j’ai géré des flux de trésorerie où chaque euro devait être à la bonne place au bon moment. Le changement de mars 2026, c’est comme si votre banque décidait de prélever la totalité de vos charges mensuelles sur les 10 jours où vous avez des rentrées, plutôt que de les lisser sur le mois. Le montant total reste le même. Mais la pression sur chaque jour actif est multipliée.
Ce que vous observez (et ce que ça signifie vraiment)
Depuis mars 2026, certains annonceurs observent :
- Une dépense journalière irrégulière : certains jours, la campagne consomme son budget quotidien avant midi. D’autres jours, elle dépense normalement.
- Des CPCs en hausse sur les plages horaires actives, sans modification des enchères cibles.
- Un budget mensuel atteint plus tôt qu’attendu sur des campagnes avec restriction horaire (nuit coupée, weekend désactivé).
- Des “recommandations d’augmentation de budget” de Google Ads sur des campagnes qui n’étaient pas limitées par le budget avant mars.
Ces signaux indiquent que la compression budgétaire est en cours sur votre compte.
Ce qui a changé le 1er mars 2026
Avant le 1er mars, l’algorithme de lissage budgétaire de Google cherchait à dépenser votre budget quotidien de façon uniforme sur les heures de diffusion actives. Si vous coupiez les nuits et les weekends, l’algorithme adaptait simplement la cadence sur les heures restantes sans chercher à rattraper une “cible mensuelle”.
Vous lisez. Pendant ce temps, votre compte brûle peut-être du budget.
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Depuis le 1er mars, la mission de l’algorithme a changé : il doit atteindre votre plafond mensuel, calculé comme 30,4 fois votre budget quotidien, quoi qu’il arrive.
Le regard de l’ex-comptable
En gestion de trésorerie, le “plan de décaissement” détermine quand et à quelle vitesse les charges sortent. Avant mars, Google respectait le rythme que vous lui imposiez via l’Ad Scheduling. Depuis mars, il pilote selon son propre plan de décaissement : atteindre le plafond mensuel coûte que coûte. Concrètement, si vous ne diffusez que 5 jours sur 7, Google met la pression sur ces 5 jours pour dépenser ce qui aurait dû se répartir sur 7. Votre CPC sur les jours actifs augmente mécaniquement.
La logique de la compression
Prenons un exemple concret avec des chiffres fictifs uniquement pour illustrer la mécanique :
Vous avez un budget quotidien de 100 euros. Google calcule un plafond mensuel de 3 040 euros (100 x 30,4). Si vous désactivez vos annonces le weekend (8 ou 9 jours sans diffusion sur un mois), il reste environ 22 jours actifs. Google doit dépenser 3 040 euros en 22 jours au lieu de 30 : soit environ 138 euros par jour au lieu de 100. Pour y arriver, il enchérit plus fortement sur vos heures actives.
Résultat : votre CPC moyen augmente sur les jours actifs, même si vous n’avez pas modifié vos enchères cibles.
Qui est concerné
Ce changement affecte les campagnes avec :
- Un Ad Scheduling actif (planification horaire) qui coupe la diffusion certains jours ou certaines plages horaires
- Un écart significatif entre le nombre de jours/heures théoriquement disponibles et le nombre de jours/heures réellement actifs
Les campagnes qui diffusent 24h/24, 7j/7 ne sont pas impactées différemment : l’algorithme peut atteindre son plafond mensuel naturellement.
Ce que je fais quand je reprends un compte : 4 étapes
- Identifier les campagnes avec Ad Scheduling actif : dans Google Ads, Campagnes > Paramètres > Planification des annonces. Toute campagne avec des heures ou jours désactivés est potentiellement concernée.
- Analyser la courbe de dépense journalière depuis mars 2026 : dans les rapports Google Ads, segmentez par jour et comparez la dépense journalière avant et après le 1er mars. Une augmentation de la variabilité et des pics de dépense sur les jours actifs est le signal de compression.
- Recalculer le budget quotidien pour rester dans l’enveloppe réelle : si vous diffusez 5 jours sur 7, votre budget mensuel réel accessible est 5/7 de 30,4 fois votre budget quotidien, pas 30,4. Pour rester dans votre enveloppe, recalculez votre budget quotidien en conséquence (en divisant par le ratio jours actifs / 30,4).
- Vérifier si la compression a produit un surcoût mesurable : comparez votre CPC moyen avant et après mars sur les campagnes concernées. Si le CPC a augmenté sans modification d’enchères et sans hausse de concurrence sectorielle, la compression est probablement en cause.
Pour piloter votre rentabilité selon votre marge réelle plutôt que vos CPCs bruts, le simulateur ROAS/POAS vous permet de recalculer votre seuil de rentabilité en tenant compte de ces variations de coût.
Remettre votre budget sous contrôle
Le changement de mars 2026 n’est pas réversible : c’est le nouveau comportement de Google Ads pour toutes les campagnes avec Ad Scheduling. Mais il est corrigible : avec le bon recalcul de budget quotidien et une surveillance renforcée de la dépense journalière, vous pouvez retrouver un contrôle précis de votre enveloppe mensuelle.
Si vous voulez qu’on vérifie ensemble l’état de votre compte et que je calcule l’impact réel de cette compression sur vos campagnes, mon audit de compte Google Ads couvre ce point en priorité. C’est gratuit et sans engagement.
Questions fréquentes
Ce changement concerne-t-il aussi les campagnes sans Ad Scheduling ? Non. Les campagnes qui diffusent 24h/24, 7j/7 ne sont pas affectées différemment qu’avant mars 2026. L’algorithme peut atteindre son plafond mensuel naturellement sans compresser la dépense.
Google a-t-il prévenu les annonceurs de ce changement ? Oui, une notification a été envoyée par email aux gestionnaires de compte concernés. Mais elle était formulée de façon technique et n’indiquait pas explicitement la conséquence concrète sur le CPC des campagnes avec Ad Scheduling.
Comment distinguer une hausse de CPCs due à la compression d’une hausse due à plus de concurrence ? Comparez la hausse de CPC entre les campagnes avec Ad Scheduling actif et les campagnes sans. Si la hausse est spécifique aux campagnes avec restriction horaire, la compression est la cause probable. Si toutes vos campagnes ont vu leurs CPCs augmenter de façon similaire, il s’agit plutôt d’une hausse sectorielle de la concurrence.
Faut-il supprimer l’Ad Scheduling pour éviter la compression ? Pas nécessairement. Si votre Ad Scheduling est justifié par votre activité (vous ne recevez pas d’appels la nuit, vos livraisons ne se font que du lundi au vendredi), supprimez-le uniquement si vous acceptez de diffuser en dehors de ces plages. L’alternative est de recalculer votre budget quotidien à la baisse pour rester dans votre enveloppe mensuelle malgré la compression.
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